
Mont Carleton
Les sentiers Le Grand Sault et Le Mont Carleton sont situés dans le Réseau de sentiers pédestres Carleton-Maria au cœur de la Baie-des-Chaleurs en Gaspésie. De la municipalité de Maria, nous empruntons la route des Geais à partir de la route 132 et suivons les indications sur 8 kilomètres jusqu’au stationnement du 3e-Rang. Nous débutons la randonnée par le sentier Le Grand Sault. Ce sentier forestier parsemé de ponts et d’escaliers longe le ruisseau Glenburnie. Nous croisons sur le chemin une grosse roche erratique, vestige de la dernière glaciation.

La forêt est très humide et cette mousse verte qui recouvre les roches dans le cours d’eau nous le démontre clairement. De jolies panneaux historiques et poétiques se retrouvent le long du parcours. Ces œuvres ont été réalisées par des artistes régionaux et sont agrémentés de textes d’écrivains gaspésiens. Un peu plus loin sur le chemin, de nombreux troncs d’arbres semblent volontairement bloquer le passage. Quelque peu téméraires, nous nous aventurons tout-de-même sur le sentier. Je ne me doutais pas que nous commettions une grossière erreur…! Un écriteau nous indique que nous entrons désormais sur le territoire de Carleton-sur-Mer. Le chemin nous conduit jusqu’à la chute Le Grand Sault où un belvédère nous permet de l’admirer de plus près, c’est vraiment splendide ! Nous traversons le ruisseau Glenburnie sur un pont de bois, ce qui marque la séparation entre le sentier Le Grand Sault et le sentier Le Mont Carleton. Ce dernier nous permettra de grimper jusqu’à son sommet (613 m), le plus haut de la région. Curieusement, la pancarte indiquant Le Mont Carleton semble intentionnellement abîmée. Nous poursuivons la montée mais plus nous avançons moins le sentier semble entretenu…

Nous devons nous frayer un chemin à travers les fougères et la végétation abondante. Je regarde le ciel devenu incertain qui pourtant était ensoleillé et radieux plus tôt ce matin. Même ce crapaud paraît étonné par ce brusque changement de température ! Tout à coup, une averse imminente déferle sur nos têtes… Il est trop tard maintenant pour rebrousser chemin, nous devons continuer… Le sentier est à peine dessiné, nous marchons en pleine broussaille. Les herbes hautes et mouillées nous caressent les jambes avec insistance. À l’approche du sommet, un sentiment de frayeur m’envahit en regardant le panorama… La plupart des arbres ont été abattus laissant place à ce paysage d’éoliennes gigantesques.

Un ciel lugubre et des moulins à vents modernes comme toile de fond, la pluie qui tombe sur un cimetière d’arbres en avant-plan… Ce décor plutôt macabre n’a vraiment rien de rassurant. Je n’ai qu’une seule idée en tête, redescendre au plus vite ! Nous devons enjamber plusieurs troncs d’arbres avant de réintégrer la forêt. Hâtivement, nous dévalons la montagne jusqu’à l’intersection du sentier Le Trait-Carré. Nous empruntons ce trajet où plusieurs arbres sont tombés et déracinés. Le sentier passablement ravagé semble délaissé à son tour… La pluie cesse, le ciel se dégage mais le temps demeure maussade… Un belvédère nous offre à nouveau une vue sur les éoliennes tout au loin. J’apprendrai plus tard que ce parc éolien, mis en opération en 2008, compte pas moins de 73 éoliennes géantes d’une puissance de 109,5 mégawatts. De quoi nous faire tourner la tête…! Nous regagnons le chemin et continuons jusqu’au sentier Le Chikanki où 5,6 km nous sépare du stationnement. Quelques points de vue peu dégagés nous permettent d’admirer la municipalité de Carleton-sur-Mer, la Baie-des-Chaleurs ainsi que les côtes du Nouveau-Brunswick.

Le sentier traverse la Coulée du Ouest, ce petit ruisseau aux allures enchanteurs… Nous croisons le sentier Le Grand Sault qui nous reconduit jusqu’au point de départ. De retour au stationnement, nous remarquons un avis affiché sur l’abri d’information nous indiquant que le réseau de sentiers pédestres a été modifié. La ville de Maria nous informe que ces restrictions font suite à des pertes de droits de passage auprès de propriétaires de terrains privés dont la majorité des sentiers passent sur leurs propriétés. Ils sont présentement en discussion avec les municipalités afin d’obtenir une compensation. Ainsi certains sentiers pédestres demeurent fermés jusqu’à nouvel ordre. Maintenant nous comprenons mieux pourquoi les sentiers étaient en si mauvais état…
Petite note à moi-même ainsi qu’à mes lecteurs ; toujours s’informer sur l’accessibilité d’un sentier auprès du bureau d’information touristique de la région avant de s’y aventurer, surtout s’il est gratuit. On ne sait jamais sur quoi on peut tomber…!
Région : Gaspésie
Dénivelé : 500 m
Longueur : 13,4 km (boucle)
Durée : 5 heures 30 min
Difficulté : Intermédiaire
Appréciation : 5/10